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mercredi 10 mars 2010
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« Manquer d'eau potable à Divonne? Vous plaisantez… Regardez donc autour de vous », lance le Divonnais lambda, lorsqu'on évoque la pénurie annoncée d'eau potable.
Il est vrai qu'à Divonne les fontaines sont nombreuses, l'eau jaillie de toutes parts, le lac est tout proche et la Divonne traverse la ville. Et pourtant … l'approvisionnement en eau est en péril, à plus ou moins long terme.

Comment rapidement remédier à la menace, sachant qu'à l'horizon 2020, la population est estimée à 11 000 âmes? Confrontés à une augmentation de leur population, les Vaudois ont aussi l'obligation d'accroître leur production en eau. Dès lors l'opportunité d'un partenariat est apparue comme une évidence.

En collaboration avec la Communauté de Communes du Pays de Gex (CCPG), la ville est en passe de résoudre son problème d'approvisionnement en eau potable. La CCPG s'est alliée aux communes vaudoises de Terre Sainte, dans un projet commun d'adduction d'eau au lac. En 2006, le forage de la Mélie sera déconnecté.

Une convention d'une durée de cinquante ans a été signée, le 4 juillet 2005, entre la CCPG et le Service Intercommunal d'Alimentation en eau du cercle de Coppet (SIDAC), un organisme public suisse. Précisons que depuis 1996, la compétence communale de l'eau et de l'assainissement a été transférée à la CCPG, et ce par toutes les communes membres.


Pourquoi ce raccordement au réseau vaudois est devenu indispensable

Les trois sources karstiques (Cerisiers, Nuchon et Entredigaz) contribuent en moyenne à couvrir 50% des besoins, selon des chiffres établis en 2004, alors que la puissante nappe phréatique du Creux de la Mélie, située au cœur de la ville, assure le reste des besoins. Le pompage est périodiquement sollicité pour pallier les carences estivales des sources du pied du Jura, souvent à l'étiage.

Ainsi, la production d'eau du Creux de la Mélie, couvre jusqu'à 70% des besoins en été. Mais le pompage intensif, jusqu'à 20 heures/jour selon les périodes, et le niveau de traitement (sept jours sur sept lavage des filtres), font que le fonctionnement de la ressource est tendu, se limitant à 200 m3/h. A ces contraintes s'est ajoutée la pollution accidentelle du réseau de distribution d'eau de la commune en 2003, qui a été l'élément déclencheur de l'arrêt de l'exploitation de la Mélie.


Quatre autres options écartées

Depuis 2001, la CCPG a mis en place un schéma directeur de l'eau, lequel prévoit, entre autres possibilités d'approvisionnement, celle d'être connectée au SIDAC.

Face aux risques de pénurie, d'autres pistes ont a été examinée, sans succès:
 
- les prospections hydrogéologiques - trois sondages infructueux au pied de la montagne à 150 mètres de profondeur - menées par la CCPG. Ils tendaient à trouver une ressource protégeable, capable de subvenir aux besoins de pointes, actuels et à venir,
- le forage du Cerisier. Son exploitation entraînerait l'épuisement de la source du même nom,
- l'alimentation par la nappe de Pré Bataillard. Celle-ci déjà fortement sollicitée, subit de plus une réalimentation difficile,
- le pompage en aval de la Divonne ou dans le lac aurait pour conséquence l'assèchement des marais et une protection aléatoire de la ressource.


Une opportunité franco-suisse

La communauté de communes en charge de l'eau a donc décidé, après étude, de créer un support en alimentation en eau de secours par le SIDAC pour l'été 2005, afin d'assurer la distribution dans le bas de la ville. En effet, les besoins cumulés des deux partenaires sont de 840 m3/h à l'horizon 2025.

Pour répondre aux besoins en 2010, un pompage pour Divonne (234 m3/h) va être réalisé à la station de Balessert, située près de l'autoroute, sur la commune de Founex. L'augmentation du débit prélevé dans le Léman, au large de Coppet, entraînera le doublement de la conduite lacustre actuelle, immergée à 40 mètres et assurant 840 m3/heure. En 2006, l'eau du Léman sera remontée jusqu'à la station de Balessert, puis refoulée dans le réservoir de la Mélie.


Plus de cinq millions investis

De là, le précieux liquide sera injecté dans le réseau, à partir de l'installation actuelle. Quant à l'incidence de ces investissements sur le prix de l'eau et de l'assainissement, il sera limité pour les Divonnais, notamment en raison de l'harmonisation des prix dans le Pays de Gex dès le 1er janvier prochain.
Pour réaliser l'opération à l'horizon 2010, la CCPG investira 4,8 millions d'euros.
L'Agence de l'eau (30%), le Conseil général (26%) participeront aux frais et des discussions sont en cours avec Divonne, pour une participation directe au financement de cette opération importante, qui devrait assurer la pérennité de l'approvisionnement. Un prolongement de l'installation étant éventuellement envisagé par la suite vers le nord du Pays de Gex.


Les Divonnais vont y gagner en goût !
L'ensemble du projet de raccordement aux eaux du Léman est strictement encadré par la DDASS et la réglementation suisse. Après traitement, le mélange des deux eaux diminuera sa dureté, rendant ainsi l'eau plus confortable à la consommation des usagers: moins de dépôt de calcaire, meilleure protection des appareils ménagers. Le goût de chlore va également diminuer en raison de la nature de l'eau, sauf contrainte particulière du plan vigipirate, toujours en vigueur.



Pourquoi la Communauté de Communes du Pays de Gex n'a t-elle pas décidé de capter les eaux provenant de la source d'eau minérale?

Divonne dispose de deux captages d'eau minérale Harmonie et Mélodie. La première a un débit autorisé de 40 m3/h et la deuxième de 80 m3/h. Les besoins actuels de la commune de Divonne sont, en période de pointe, de 300 m3/h. L'utilisation de ces sources n'apporte donc aucune réponse satisfaisante aux véritables problèmes d'alimentation en eau de la commune de Divonne-les-Bains.
De plus, il faut rappeler que l'établissement thermal utilise cette eau minérale. Il n'est donc pas judicieux d'imaginer l'utilisation à des fins domestiques d'une ressource qui a une utilité économique majeure pour Divonne et pourrait servir, un jour peut-être, à l'installation d'une unité d'embouteillage d'eau.


Un peu de mémoire…

1925 a été une année bénie pour les ménagères divonnaises. Finies les corvées d'eau à la fontaine ! L'eau coulait au robinet dans toutes les maisons qui l'avaient demandée.
Quatre ans plus tôt, une étude concernant l'alimentation de la ville en eau potable avait été confiée à un ingénieur des Travaux Publics. Le captage des sources de Nuchon fut réalisé l'année suivante. En 1923, un projet complet d'adduction et de distribution d'eau potable était établi. On était en présence d'une réalisation d'envergure, subventionnée par le Ministère de l'agriculture, sur les fonds du…PMU.
Mais pour assurer le solde du financement, il fallut recourir à un emprunt de 715 000 francs, voté par le conseil municipal, avec à la clé un remboursement en trente annuités. Ce qui nécessita une imposition extraordinaire de 229 centimes de l'époque. Enfin, les travaux entraînèrent la construction de deux réservoirs, le principal au-dessus de Villard, au Poudex, et un auxiliaire, au-dessus d'Arbère.
Source : Divonne au fil des siècles, Raymond Grosgurin


 

 

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